La FAQ Anarchiste (francophone)

Section J – Que font les anarchistes ?

Introduction

Cette section présente ce pourquoi les anarchistes se lèvent le matin. Il n’y a que peu d’intérêt à penser le monde, à moins qu’on veuile le changer pour le mieux. Et en essayant de changer le monde, vous vous changez vous-mêmes, les autres, faisant du changement radical plus qu’une possibilité. De ce fait, les anarchistes donnent tout leur soutien aux tentatives des gens ordinaires d’améliorer leur quotidien par leurs propres actions. Ainsi que Max Stirner le notait, « [t]he true man does not lie in the future, an object of longing, but lies, existent and real, in the present1 ».  🔗

For anarchists, the future is already appearing in the present and is expressed by the autonomy of working class self-activity. Anarchy is not some-day-to-be-achieved utopia, it is a living reality whose growth only needs to be freed from constraint. As such anarchist activity is about discovering and aiding emerging trends of mutual aid which work against capitalist domination (i.e. what is actually developing), so the Anarchist « studies society and tries to discover its tendencies , past and present, its growing needs, intellectual and economic, and in his [or her] ideal he merely points out in which direction evolution goes2 ».  🔗

The kinds of activity outlined in this section are a general overview of anarchist work. It is by no means exclusive as we are sure to have left something out. However, the key aspect of real anarchist activity is direct action — self-activity, self-help, self-liberation and solidarity. Such activity may be done by individuals (for example, propaganda work), but usually anarchists emphasis collective activity. This is because most of our problems are of a social nature, meaning that their solutions can only be worked on collectively. Individual solutions to social problems are doomed to failure (for example green consumerism).  🔗

De plus, l’action collection nous habitue à travailler ensemble, et promeut ainsi l’expérience d’autogestion et de construction d’organisations qui nous permettront de gérer nos propres affaires. Et, nous voulons insister à ce sujet, se rassembler et travailler ensemble est amusant, fulfilling et émancipateur.  🔗

Les anarchistes ne demandent pas aux puissants de donner leur pouvoir. Non, ils promeuvent des formes d’activité et d’organisation par lesquelles les opprimés peuvent se libérer par eux-mêmes. En d’autres termes, nous ne pensons pas que ceux qui ceux qui disposent du pouvoir et des privilèges y renonceront par altruisme. À l’inverse, les opprimés doivent reprendre ce pouvoir entre leurs mains, par leurs propres actions. Nous devons nous libérer nous-mêmes, personne ne peut le faire pour nous. 🔗

Nous l’avons déjà dit, l’anarchisme est plus qu’une critique de l’étatisme et du capitalisme, qu’une vision d’un mode de vie plus libre. Il est d’abord, et avant tout, un mouvement, le mouvement de la classe des travailleurs et des travailleuses tentant de changer le monde. De ce fait, le type d’activité que nous présentons dans cette section de la FAQ forme le pont allant du capitalisme vers l’anarchie. Par l’auto-activité et l’action directe, les gens peuvent changer aussi bien eux-mêmes que leur environnement. Ils peuvent développer en eux les qualités mentales, éthiques et sprituelles qui font d’une société anarchiste une option viable. 🔗

Ainsi Noam Chomsky l’explique : 🔗

ce n’est qu’à travers leurs luttes que les gens ordinaires pourront comprendre leur nature propre qui, à l’heure actuelle, est annihilée et déformée par des structures institutionnelles conçues pour garantir obéissance et soumission. Et ce n’est que de cette manière que les gens développeront des normes éthiques plus humaines, « un sens nouveau de ce qui est juste », la « conscience de leur propre force et de leur importance en tant qu’ils sont un facteur social dans la vie de leur époque » ; S’engager directement dans l’œuvre de reconstruction sociale est une condition préalable à l’appréhension de cette nature et constitue l’indispensable fondement sur laquelle elle pourra s’épanouir.
Préface à Théorie et pratique de l’anarchosyndicalisme, de Rudolf Rocker, p.27

En d’autres termes, l’anarchisme, loin de se limiter à une vision d’un meilleur avenir, constitue le mouvement social luttant contre la société actuelle, injuste et oppressante, pour un meilleur futur et pour améliorer les choses ici et maintenant. Si vous ne vous défendez pas, ne luttez pas pour ce que vous considérez comme juste, rien ne changera. De ce fait, les anarchistes sont totalement d’accord avec Frederick Douglass (un abolitioniste), quand il déclare : 🔗

S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui prétendent favoriser la liberté et qui pourtant conspuent l’agitation sont des personnes qui veulent des récoltes sans silloner le sol. Ils veulent la pluie sans l’orage et le tonnerre. Cette lutte peut être une lutte morale ; elle peut être un lutte physique ; elle peut être les deux, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans y être obligé. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. Les gens n’obtiendront peut-être pas tout ce pourquoi ils ont travaillé, mais ils travaillent certainement pour tout ce qu’ils obtiennent.

In this section of the FAQ we will discuss anarchist ideas on struggle, what anarchists actually (and, almost as importantly, do not) do in the here and now and the sort of alternatives anarchists try to build within statism and capitalism in order to destroy them. As well as a struggle against oppression, anarchist activity is also struggle for freedom. As well as fighting against material poverty, anarchists combat spiritual poverty. By resisting hierarchy we emphasis the importance of living and of life as art. En proclamant que nous ne voulons être « Ni maître ni esclave », nous poussons à une transformation éthique, une transformation qui aidera à créer la possibilité d’une société véritablement libre. 🔗

This point was argued by Emma Goldman after she saw the defeat of the Russian Revolution by a combination of Leninist politics and capitalist armed intervention: 🔗

les valeurs éthiques que la révolution veut établir doivent être initiées dans les activités révolutionnaires […] Ces dernières ne peuvent que servir que comme un réel pont vers la vie meilleure que si elles sont construites avec le même matériau que la vie à obtenir.
Red Emma Speaks, p. 358

In other words, anarchist activity is more than creating libertarian alternatives and resisting hierarchy, it is about building the new world in the shell of the old not only with regards to organisations and self-activity, but also within the individual. It is about transforming yourself while transforming the world — both processes obviously interacting and supporting each other — « the first aim of Anarchism is to assert and make the dignity of the individual human being3 ». 🔗

Et par l’action directe, l’autogestion et l’auto-activité, nous pouvons faire des mots pour la première fois entendus dans le Paris de 1968 une réalité vivante : 🔗

Tout le pouvoir à l’imagination !  🔗

Words, we are sure, the classic anarchists would have whole-heartedly agreed with. There is a power in humans, a creative power, a power to alter what is into what should be. Anarchists try to create alternatives that will allow that power to be expressed, the power of imagination.  🔗

In the sections that follow we will discuss the forms of self-activity and self-organisation (collective and individual) which anarchists think will stimulate and develop the imagination of those oppressed by hierarchy, build anarchy in action and help create a free society.  🔗

Notes
  1. Max Stirner, The Ego and Its Own, p. 327.
  2. Peter Kropotkin, Kropotkin’s Revolutionary Pamphlets, p. 47.
  3. Charlotte Wilson, Three Essays on Anarchism, p. 17.

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